La boxe et ses valeurs - Rencontre avec Brahim Asloum

Hi 🙂

Quand je pense à la boxe, je vois surtout le combat et les coups qui s’enchaînent. Si j’ai beaucoup de respect pour les boxeurs comme pour n’importe quel sportif, je n’ai jamais été vraiment attirée par ce sport, bien qu’il se développe de plus en plus en France. Il m’aura fallu rencontrer, lors d’un événement, le champion de boxe Brahim Asloum pour changer mon regard sur ce sport. Lors de son discours, il n’a parlé ni de ses combats ni de ses nombreux succès, mais il a surtout mis l’accent sur le VRAI visage de la boxe. Celui qui l’a rendu passionné à l’âge de 14 ans et lui a donné envie d’y consacrer sa vie. “La boxe, c’est surtout un jeu d’échecs. Un boxeur pourra avoir le physique et la technique, mais sans la stratégie, il ne sera jamais champion. Il ne faut pas être grand ou petit, il ne faut pas être léger ou lourd, il faut surtout réfléchir.” 

J’ai trouvé ce paradoxe si intéressant que j’ai voulu creuser ces valeurs cachées de la boxe, celles dont on parle peu mais qui sont pourtant les racines de cette discipline. Le temps d’un café, le champion olympique et vice-président de la fédération française de Boxe se confie sur son parcours et les valeurs qu’il souhaite aujourd’hui transmettre à chaque pratiquant.

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  • PERSEVERANCE 

Contrairement à ce que l’on peut penser, Brahim n’est pas né avec des gants de boxe dans les mains. Il n’a pas commencé la boxe tout petit et il n’était pas voué à devenir le champion qu’il est aujourd’hui. C’est à 14 ans qu’il a décidé de commencer la boxe “pour devenir plus fort et changer l’image que ma famille portait sur moi. Je voulais devenir le meilleur.” Mais on ne devient pas le meilleur en un claquement de doigts, il faut apprendre, et deux fois plus que ceux qui ont toujours baigné dedans. “J’ai eu conscience de commencer tard mais c’est le travail qui compte. Il faut accepter l’échec et se relever à chaque fois. Je me souviens de mes débuts, de cette fille qui m’a mis tellement de fois au sol. En rentrant chez moi, je me disais que je n’y retournerai jamais. Mais finalement, j’étais toujours là à l’entraînement suivant”.

  • STRATEGIE

La boxe, c’est 3 coups : le direct, le crochet et l’uppercut. Mais ce qui m’a vraiment plu, c’était toute la créativité qu’il fallait trouver pour réussir à placer ces 3 coups. Il faut tout utiliser pour y parvenir : l’agilité, la force, le jeu de jambe, l’explosivité….” Intéressant quand beaucoup (comme moi jusqu’à maintenant) voient la boxe uniquement comme un moyen de se défouler, de frapper fort dans un sac. En apprenant la boxe, vous apprendrez donc à réfléchir, à observer un comportement, à analyser une situation. “J’ai vite compris que la boxe était un jeu d’échec, où ce n’est pas le plus fort qui gagne, mais le plus stratégique. Je me laissais toujours un ou deux rounds pour comprendre qui j’avais en face, et comment j’allais devoir jouer mon coup.“

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  • IMPLICATION ET RIGUEUR

On se doute bien que pour devenir champion olympique, il faut une grande rigueur. C’est d’ailleurs bien représenté dans tous les films qui abordent la boxe : l’incroyable Million Dollars Baby ou plus récemment Creed. Il faut s’entraîner dur et ne jamais rien lâcher. Bien sûr, Brahim n’a pas dérogé à la règle. Lui aussi a dû s’entraîner dur mais pas seulement pour briller sur le ring : il le faisait surtout pour pouvoir continuer à pratiquer la boxe. “J’avais un pacte avec ma mère : elle acceptait de me laisser boxer mais à condition de ne pas rentrer marqué. Je me suis toujours entraîné de façon à ne jamais recevoir les coups, pour pouvoir continuer à pratiquer la boxe. Cela m’a demandé encore plus d’attention et de rigueur, mais ça m’a aussi permis de mesurer la chance que j’avais de boxer.”

  • DEPASSEMENT DE SOI

En boxe, les limites ne sont que personnelles. Tout est une question de mental.” Ce mental est présent dans tous les sports, collectifs comme individuels, et à tous niveaux. Mais c’est d’autant plus fort en boxe, qui fait appel à l’instinct de survie et pousse au dépassement de soi. Ce mental a certainement été la première force de Brahim qui n’a “jamais considéré l’échec comme une option. Pour rien au monde, je ne voulais baisser les bras et me voir échouer.“ 

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Un grand merci à Brahim pour ces échanges passionnants et inspirants, qui prouvent que l’on peut aller au-delà des limites qu’on s’impose. J’espère que cet article vous aura montré une autre facette de la boxe et vous donnera envie de tester ce sport qui, selon Brahim, ”peut révéler un champion derrière chacun de nous“ 😉

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