"Être une femme dans le secteur du fitness"

Hi 🙂

Bientôt deux ans que j’évolue dans le secteur du fitness, en tant que Personal Trainer. Au fil du temps et des expériences, j’ai appris les valeurs importantes de ce métier, j’ai veillé à me former continuellement, à m’entraîner avec assiduité et à observer d’autres professionnels plus expérimentés pour gagner en confiance. Chaque expérience a été l’occasion de grandir et d’apprendre à mes dépens. Parmi les choses que j’ai pu apprendre sur ce secteur (et cela, assez tôt), c’est que la donne n’est pas la même quand on est une femme. Ne paniquez pas, cet article n’est pas un gros coup de gueule féministe, mais simplement un constat.

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Pour vous donner un exemple concret, il faut remonter aux premières sessions en groupe que j’assistais : il y avait plusieurs hommes qui faisaient mine de ne pas entendre mes consignes. Je les voyais réaliser des pompes avec la pire technique qu’il soit, à cause d’un manque de force. Je leur avais dit, avec plein de bienveillance : « Posez les genoux au sol et vous pourrez avoir plus d’amplitude, vous travaillerez plus efficacement. » Une fois, deux fois… trois fois. Au lieu de parler dans le vent, je me suis mise à côté d’eux, j’ai retiré mon sweat, et j’ai commencé à faire des pompes, avec la bonne technique, la force et le gainage nécessaires. Ils se sont arrêtés et m’ont regardé avec des grands yeux qui disaient tout haut : « Ah ouais, elle sait de quoi elle parle en fait. »

J’ai aussi constaté que le fait d’être une femme allait naturellement avoir un impact sur ma clientèle. Les hommes sont peu nombreux (moins que les femmes) à me contacter pour les accompagner. J’ai été surprise d’être contactée à plusieurs reprises pour donner des cours 100% féminins (« Run Féminins », « HIIT féminins », « Renfo pour les femmes »…). Je n’ai jamais accepté car je n’ai jamais compris en quoi ces cours devaient être différents de ceux des hommes.

Et j’ai aussi appris, toujours avec l’expérience, l’importance de mettre des distances et d’installer un cadre professionnel lors des coachings privés. Voulant être naturelle (la Clélia que je suis au quotidien) dès le début a pu me jouer des tours. Maintenant, je veille à m’adapter au contexte dans lequel je me trouve et à la personne que j’ai face à moi.

Je n’avais pas particulièrement prévu de faire un article sur ce sujet, car je ne suis pas du genre à épiloguer sur les différences Hommes / Femmes, qui existent dans notre société, au travail comme au quotidien. Mais c’est en côtoyant d’autres coachs sportives expérimentées, ultra calées sur leurs sujets et méga inspirantes que l’idée m’est venue spontanément. Je voulais absolument les faire témoigner. Pascale, Teri et Anouk ont des parcours différents, mais toutes admettent qu’il faudra se forger un caractère et faire deux fois plus ses preuves pour se faire écouter et respecter. Des témoignages intéressants qui visent à aider d’autres femmes qui évoluent dans le secteur.

 

Pascale Boukerrou

Coach de Crossfit et Professeure de Yoga chez R2 Bastille

Athlète de Crossfit (Championne de France Master)

Compte Instagram : @pascaleboukerrou

Mes parents m’ont inculqué la pratique du sport dès l’âge de 3 ans avec la danse et le ski. A 15 ans, j’ai découvert une salle de fitness près de chez moi et j’ai compris que le sport serait mon avenir. A peine sortie du lycée en 1999, je me suis lancée dans les BEES métier de la forme et natation au CREPS de Montry et à l’IMF. J’ai eu les 2 diplômes en juin 2001.

Pendant mes 16 années au CMG Sports Club, j’ai eu la chance de pouvoir pratiquer plusieurs disciplines, allant des cours Les Mills, aux cours de danse du Nike Dance Workout en passant par le Yoga. J’ai quitté le monde du fitness pour celui du Crossfit en 2015, et cela pour mon plus grand plaisir.

Le monde du fitness était plutôt féminin quand j’ai commencé. Mais en tant que femme, il fallait constamment prouver son sérieux, davantage que les coachs masculins. Il faut prouver son efficacité et pas seulement faire la belle si on veut être prise au sérieux… Cela a toujours été mon cheval de bataille.

Pascale Boukerrou

Je me souviens de mon premier cours pendant ma formation en 2000, j’étais pétrifiée. J’étais d’une nature assez introvertie et solitaire et je n’avais pas trop confiance en moi. Mais je n’avais pas le choix. Ce métier m’a permis de faire face à des groupes de plus de 50 personnes devant lesquels il ne faut jamais montrer de failles, de faiblesses ou de fatigues malgré l’enchaînement de plusieurs cours assez physiques dans une seule et même journée. Ce métier m’a appris à avoir confiance en moi et à me forger un certain caractère 😉 Cela fait 18 ans que je fais ce métier, et je n’ai jamais regretté mon choix !

 

Teri Nicole Rodriguez

Préparateur Physique chez EXOS (après 6 ans passés avec Mike Boyle)

Compte Instagram : @n.rodriguez.coach

Mon grand-père et mon père étaient tous les deux d’incroyables sportifs. Mon grand-père servait l’armée et a inculqué dans notre famille une éducation assez stricte mais toujours juste. J’ai donc grandi en respectant les autres tout autant qu’ils devaient me respecter. Mon père coachait l’équipe de football, et il m’a donc coaché de mes 8 ans jusqu’au lycée. Comme toute petite fille, je voulais passer du temps avec mon père et pendant l’été, alors qu’il coachait mes cousins et ses amis en hors-saison, je passais mon temps avec eux. J’observais comment il fallait s’entraîner pour devenir fort et endurant, et c’est comme ça que mon goût pour la préparation physique est venu. Mon père me disait tout le temps : « il y a toujours quelqu’un meilleur que toi ou qui s’entraîne plus dur que toi, alors ne t’arrête pas ! ». Je pense que cette enfance et cette éducation m’ont permis d’avoir confiance en moi et de m’imposer face à mes joueurs.

Je pense qu’une femme a tout autant sa place qu’un homme dans le secteur du sport. Même s’il peut être plus difficile pour une femme de se faire respecter (davantage dans certains pays) parce que le sport a une image très masculine. Quand on pense musculation, on voit un homme. Quand on pense sports collectifs, on voit un groupe d’hommes.

Mais nous sommes capables d’acquérir la confiance des joueurs en leur partageant une philosophie de coaching basée sur le respect, l’échange et la confiance. Nous pourrons avoir leur respect si nous pouvons réaliser ces exercices / ces mouvements que nous exigeons d’eux.

teri rodriguez

Je forme régulièrement des coachs féminines à travailler avec des joueurs et je leur donne plusieurs règles à suivre :

  • S’attacher les cheveux et avoir une apparence neutre
  • Porter des shorts pas plus haut que le milieu de la cuisse (montre ta force et ta capacité à bouger, pas tes jambes sexy)
  • Occuper l’espace en parlant avec les mains ou en montrant les exercices

En résumé: reste toujours professionnelle, sois confiante et connais ton public. Quand j’entraîne des joueurs de football américain ou de rugby, je laisse ma féminité au vestiaire, alors que je peux être un peu plus féminine avec des joueurs de golf ou de tennis.

 

Anouk Garnier

Coach et Manager chez Aqualoft Fitness

Athlète élite de courses à obstacle

Compte Instagram : @anoukgarnier

Je suis une ancienne gymnaste, née dans une famille de gymnastes. Mon grand-père était président du club de gym de ma ville, ma grand-mère et ma mère étaient entraîneurs. J’ai littéralement grandi dans la salle de gym. C’est donc naturellement que je me suis tournée vers le sport en faisant STAPS. J’ai découvert l’univers du fitness et de la musculation un peu plus tard, quand je passais en parallèle de ma licence mon BP AGFF. J’ai décroché mon premier poste chez Forest Hill à Nanterre, où j’ai découvert le Body Jam. Cela a été un coup de cœur et j’ai commencé à me former aux cours Les Mills et à donner des cours régulièrement.

Dans ce métier, il faut gagner la confiance des gens que l’on entraîne et avec qui on travaille. Il faut constamment s’imposer pour se faire respecter et éduquer les gens, les pousser à s’entraîner de la bonne manière. Je suis une personne assez carrée j’ai du mal à supporter les gens qui ne respectent pas l’entrainement et les consignes que je donne. J’ai dû apprendre à m’imposer encore plus : j’avais déjà du caractère avant mais je dirais que ce métier m’a permis de le renforcer.

Anouk Garnier

En tant que femmes, on nous juge plus souvent, pour savoir ce que l’on a dans le ventre. Combien de fois j’ai dû envoyer physiquement deux fois plus qu’un homme pour me faire accepter et respecter… Et cela qu’il s’agisse de cours collectifs, de préparation physique ou d’entraînement sur plateau de musculation. Je le ressens moins maintenant que je suis championne sur les Spartan Races et les courses à obstacles, on connait mes compétences sportives et on me respecte. Mais s’il faut être championne pour se faire respecter, imaginez ce qu’une fille doit donner comme énergie.

 

 

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