REVIVRE

Hi 🙂

« Long time no see », comme on le dit ici. Et oui, ça faisait longtemps que je n’avais rien posté sur My Training Diary, très très longtemps même. Au moins 6 mois. C’est énorme, surtout après tant d’énergie consacrée à le rendre intéressant, visible et qualitatif. Mais voilà, parfois dans la vie, on passe par des phases de questionnement et de transition, et c’est exactement ce que j’ai vécu ces derniers mois à travers mon expérience ici en Australie.

© Lyndon Marceau / marceauphotography

J’ai atterri à Sydney fin février pleine d’énergie mais aussi totalement perdue sur mes envies : sur la pertinence de poursuivre My Training Diary en français ou de lui donner une dimension plus internationale avec des articles en anglais ; sur mes envies de m’installer ici à Sydney définitivement ou pas. Et le plus grand questionnement était de savoir si je voulais vraiment travailler dans le fitness. Il faut dire que l’année 2018 m’avait laissé un goût amer en bouche. J’ai dû me battre pour prouver que j’avais ma place dans ce secteur et que la réussite de ma reconversion en tant que coach sportive n’était en aucun cas un hasard (contrairement à ce que certains pensent, avoir quelques followers ne fait pas tout). J’ai dû travailler dur pour pouvoir continuer à poursuivre une activité en France, et passer des formations sans sens (un CQP ALS pour le nommer précisément) pour faire plaisir à mes chers confrères français et être légalement à jour. Pour une personne qui se donne à 300% dans ce qu’elle fait, cette année aura été plus qu’éprouvante : beaucoup de colère, de doute, de larmes, de remise en question. Ce départ en Australie s’avérait être plus qu’une nécessité : c’était indispensable pour me permettre de « revivre » et de retrouver la Clélia qui se laissait portée par son instinct et entreprenait avec passion.

A mon arrivée ici, il me fallait trouver un travail et comme je vous le racontais dans un de mes derniers articles en date, j’ai été embauchée chez Fitness First, dans les 15 premiers jours. 6 mois passée là-bas au total, à donner des cours matin, midi et soir, du lundi au vendredi. Première fois depuis ma reconversion que je travaille à temps plein dans le fitness, et ne fait plus de consulting en communication à mi-temps. Me voilà jetée dans le grand bain, et on peut clairement dire que cette expérience m’aura bousculée et challengée.

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TIME TO LEAVE 👋 6 months ago, I gave my first classes at @fitnessfirstau The Zone. What a challenge! Teaching a class in English with more than 30 people and over the loudy music. I lost my voice so many times 😂 A new world for me after a few years of small group and personal training. Today, I feel confident, I know the members, I have built strong relationships with them and with my colleagues, but it is already time to leave (Working Holiday Visa = 6 months in the same company). I will always be thankful for everything you teached me, and for giving me my chance when I freshly arrived in Sydney. See you soon! #mytrainingdiary #fitnesstrainer #fitnessfirst #thezone #6monthslater #thanksfortheflowers

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Au-delà de devoir donner des cours en anglais dans un micro qui fonctionne à peine et sur une musique ultra forte (on adore !), le vrai challenge pour moi aura été de voir (et d’accepter) tout ce que je pouvais détester du Fitness : des cours blindés avec plus de 30 personnes et un manque de sécurité et d’encadrement certain ; une programmation qui nous est imposée (et qui s’avère totalement impertinente voire dangereuse) ; des membres qui se soucient plus des calories brulées que de la qualité de leurs mouvements et de leur propre progression ; des coachs blasés et un poil feignants parce que exténués (c’est un faible mot) et si mal payés ; des managers plus soucieux de faire du cash que de véhiculer des valeurs positives dans leur club et au sein de l’équipe. 6 mois dans ces conditions, c’est très long et, même si j’avais fini par créer des liens forts avec certains membres et clients privés, je dois avouer que je n’avais qu’une hâte : finir mes 6 mois là-bas. Mon corps fatiguait, j’avais constamment des douleurs articulaires (épaule, genou, cheville,…), sans parler de mon moral qui était au plus bas. Mais chaque fois que je subissais la situation, je me disais qu’au bout de cette expérience, je trouverai la réponse à mes questions : à quel point veux-tu bosser dans le Fitness ? As-tu ta place dans ce secteur ? Sans cette expérience paradoxalement aussi désastreuse qu’épanouissante, je n’aurais jamais pu écrire ce qui suit : OUI, le Fitness est ma vocation. Et OUI, je suis une coach compétente, qui mérite sa place.

Près d’un an pour oser écrire cela en gras sans s’excuser, sans baisser les yeux ou parler à voix basse.

© Lyndon Marceau / marceauphotography

Après ces 6 mois à Fitness First, j’ai de suite été embauchée dans une nouvelle salle Paramount Recreation Club, située sur un rooftop à Surry Hills (un de mes quartiers préférés à Sydney) avec une équipe de coachs hyper professionnels et impliqués et des membres très attentifs et respecteux. Je donne des cours en petit groupe (12 personnes maximum), je connais leurs prénoms, je suis leurs performances, je les challenge et ils me remercient. Bref, la délivrance ! Un peu comme l’éclaircie et le bel arc-en-ciel qui suit la tempête. Et cette sérénité de se sentir bien dans ses pompes, bien dans sa tête.

Alors Sydney, MERCI pour ça.

Maintenant sur ma question de rester vivre ici ou de rentrer, j’ai compris à quel point ma famille et mes amis étaient importants pour moi. Trop importants pour seulement les apercevoir de temps en temps sur Whatsapp, quand on arrive à trouver un moment pour parler malgré le décalage horaire. Vivre à l’étranger peut vous procurer une sensation de liberté incroyable, mais c’est aussi des moments de mou et nostalgie, et le sentiment d’être si loin de tout et de tout le monde. Et puis à 30 ans, il y a comme une envie de se poser, d’avoir son chez-soi et de ne plus vivre en collocation avec des personnes qui ne partagent rien de plus qu’une salle de bain et une cuisine avec vous.

Le retour en Europe est prévue pour mi-mars 2020, et même si ce sera un tout nouveau chapitre à écrire, je crois que j’ai hâte. La Clélia qui brûle de passion a hâte, et est prête de prouver qu’elle a encore pas mal de choses à dire.

A bientôt 😉

Clélia